Cette Paracha évoque l’épisode des douze explorateurs envoyés par Moché en Israël. Dix d’entre eux, à l’exception de Calev et Yehochoua font un compte-rendu qui décourage les Juifs de conquérir la terre. D.ieu décrète alors qu’ils resteront encore quarante ans dans le désert et que ce sera la génération suivante qui entrera en Israël.

Des lois pour les offrandes ainsi que la Mitsva de la ‘Halla sont détaillées.

Un homme est mis à mort pour avoir publiquement profané le Chabbat.

Enfin la Mitsva des Tsitsit est donnée par D.ieu afin que nous nous souvenions d’accomplir Ses commandements.

Comme nous le savons, chaque semaine a un lien très profond avec une partie spécifique de la Torah qui nous apporte une leçon pour notre quotidien.

Bien que la Torah parle d’événements et de situations qui se produisirent il y a des milliers d’années, dans des conditions et des lieux différents, il n’en reste pas moins que « la Torah est éternelle » et qu’elle renferme des leçons applicables pour nous-mêmes, aujourd’hui-même. Elle parle d’événements historiques réels (et non, à D.ieu ne plaise, d’une série de paraboles et de métaphores) dont les enseignements ne se limitent pas aux circonstances dans lesquelles ils se produisirent mais s’appliquent toujours et partout.

La Paracha de cette semaine, Chela’h, relate comment Moché envoya des explorateurs pour observer la Terre d’Israël et en envisager la conquête la plus facile. Quand les Juifs avaient quitté l’Égypte, leur intention n’avait jamais été de rester dans le désert mais de se rendre en Israël, « une bonne et grande terre » (Chemot 3 : 8). Ils devaient s’installer dans cette terre « où coulent le lait et le miel » et en faire une terre juive et une terre sainte. Il va sans dire que D.ieu veillerait à ce qu’Israël puisse jouir de tout le nécessaire, ce serait « une terre avec du blé et de l’orge et des vignes et des figuiers et des grenadiers ; une terre d’huile d’olive et de miel » et que « rien n’y manquerait » (Devarim 8 : 8). Tout ce qu’un Juif (et un homme en général) désire se trouverait en Israël.

Cependant, les explorateurs ne remplirent pas leur mission comme elle avait été commandée. Outre le fait de rapporter des fruits et un compte-rendu sur la terre, ils ajoutèrent un élément complémentaire, une opinion personnelle indépendante, sur une question qui ne leur avait pas été soumise. Ils mentionnèrent qu’il serait préférable que le Peuple juif n’entre pas en Israël. Bien qu’ils furent envoyés pour analyser la manière la plus aisée de conquérir la terre, ils prirent sur eux d’ajouter leur propre commentaire et d’avancer, à l’encontre de l’opinion de Moché, qu’il valait mieux rester dans le désert.

Cet épisode renferme une leçon pour chaque Juif.

Chaque Juif a été envoyé dans ce monde (et tout particulièrement dans son pays, sa ville ou son endroit) pour transformer le monde autour de lui, pour faire du désert « une bonne et grande terre » (c’est-à-dire une extension de la Terre d’Israël). D.ieu donne au Peuple juif le potentiel, les forces et les aptitudes inhérentes pour accomplir sa mission, de la façon la meilleure et couronnée du plus grand succès. A chacun est confiée une mission appropriée à son potentiel personnel unique. Chacun a la puissance de faire de sa part du monde une terre d’Israël. C’est par l’intermédiaire de ces efforts que nous devenons un exemple vivant pour les autres Juifs qui nous entourent et nous leur démontrons qu’eux-aussi peuvent transformer leur environnement, faire du désert qui les entoure une terre d’Israël.

Cela est vrai malgré le fait que nous soyons « la plus infime de toutes les nations » (Devarim 7 :7). Et cela se concrétise particulièrement lorsque nous nous trouvons dans un environnement où nous constituons une minorité et que la plupart de ceux qui nous entourent ne respectent pas la Torah et les Mitsvot. Même dans une telle situation, il nous revient de transformer ce désert en une « bonne et large terre ». Le comportement du Peuple juif dans le désert nous sert d’exemple pour y parvenir. A chaque étape où ils s’arrêtaient, avec le Sanctuaire (qui contenait les Tables de la loi et la Torah), avec Moché et le Sanhédrin (les Sages d’Israël), ils transformaient ce lieu en « une terre d’installation » produisant des arbres fruitiers.

Pourtant tel n’est pas le but ultime que D.ieu destine au Juif. D.ieu veut que les Juifs entrent en Israël et s’y installent. C’est cette installation qui fera d’Israël une Terre sainte et fera jaillir d’abondantes bénédictions sur le monde entier. Quand les bénédictions émanent d’une terre sainte, elles sont elles-mêmes saintes et pures. Elles affectent alors le monde entier et l’élèvent au niveau de la Terre d’Israël.

Et tout cela s’applique également au niveau individuel. Dans son ouvrage intitulé Torah Or, Rabbi Chnéor Zalman de Lyadi explique que la terre est une métaphore pour le Peuple juif, comme l’atteste le verset : « Vous serez une terre de délice » (Mala’hi 3 :12). La terre est également la métaphore de la Torah et des Mitsvot.

Par la Torah, nous permettons à nous-mêmes ainsi qu’à nos familles de nous lier à la terre dans laquelle se trouve D.ieu. Et cela devient à son tour la préparation adéquate pour la Rédemption future lorsque nous irons tous en Israël.