Le feu sur l’autel doit brûler constamment. On y fait bruler entièrement les différents sacrifices animaux et alimentaires.

Les Cohanim consomment la viande de certains sacrifices animaux et ce qui reste de l’offrande alimentaire. L’offrande de paix est mangée par celui qui l’a apportée, à l’exception de parties spécifiques, données au Cohen. La viande sainte des offrandes doit être consommée par des personnes en état de pureté rituelle, dans l’endroit saint qui leur a été désigné et à un moment spécifique.

Aharon et ses fils restent dans l’antre du Sanctuaire pendant sept jours, au cours desquels Moché les initie à la prêtrise.

Pessa’h

La signification de la Matsa

Faire de la Mitsva une part de nous-mêmes

Les Mitsvot (commandements) associées à une fête sont profondément liées à son thème essentiel. Par exemple, Pessa’h nous permet de vivre un exode d’Égypte personnel en transcendant nos limites individuelles. De la même façon, D.ieu nous donne la Mitsva de consommer de la Matsa pour nous aider à intérioriser cette expérience. En effet, notre alimentation est assimilée par notre corps pour devenir une partie intégrante de notre être.

Pour comprendre la signification de la Matsa, il convient de la comparer au ‘Hamets (le levain). Le ‘Hamets qui gonfle quand il lève symbolise l’égoïsme, le contentement de soi et l’orgueil. La Matsa, qui reste plate et sans prétention, reflète l’humilité désintéressée.

Cette idée se trouve également dans la description que dresse la Torah de la Matsa comme « le pain du pauvre » : un homme pauvre est humble et sans arrogance.

Manger « le pain du pauvre » réduit nos tendances égoïstes. La Hala’ha (code de lois juives) exprime cette idée. Il n’est pas question de ‘Hamets dans la Matsa Achira (littéralement : « la Matsa riche » faite de farine et de liquides autres que l’eau ; par exemple la Matsa aux œufs). Cependant, on ne peut l’utiliser pour accomplir la Mitsva de manger de la Matsa. Puisqu’il ne s’agit pas de « pain de pauvre », elle ne peut transmettre le même message spirituel que la simple Matsa.

Similaire mais différent

L’on peut percevoir une autre distinction essentielle entre le ‘Hamets et la Matsa en comparant les lettres de ces deux mots. Tous deux contiennent les lettres Tsaddik et Mêm. La seule différence est que le mots Matsa s’épelle avec un Hé et ‘Hamets avec un ‘Hèt. Le Hé et le ‘Hèt ont tous deux trois barres et une ouverture en bas, qui rappelle le verset : « Le péché se tapit à l’entrée » (Beréchit 4 :7)

Mais le , contrairement au ‘Hèt, a une ouverture au côté gauche, près du sommet de la lettre. Cet espace pour s’échapper fait référence à la Techouva, l’opportunité toujours présente de se repentir et de revenir à D.ieu.

Ces deux différences entre le ‘Hamets et la Matsa sont en corrélation. La conscience démesurée du moi, symbolisée par le ‘Hamets, est l’une des origines fondamentales du péché. Une personne campée sur ses positions est, en premier lieu, préoccupée par ses désirs personnels et les place au-dessus de tous les autres desseins, ce qui ne fait qu’accroître la possibilité de pécher.

Une telle personne n’évoluera pas facilement vers la Techouvah. Elle avancera plutôt des justifications pour rationnaliser son comportement. Et de fait, « l’amour couvre tous les défauts », et tout particulièrement l’amour-propre qui peut nous aveugler et nous cacher nos manquements les plus criants.

En revanche, quelqu’un dont la nature reflète les qualités de la Matsa acceptera plus facilement de renoncer à ses désirs personnels et d’accomplir la Volonté de D.ieu. Et même s’il en vient à errer, il ne justifiera pas son comportement mais cherchera à corriger ses erreurs par la Techouvah.

Le pain de la foi

Le Zohar associe la Matsa à la qualité de dépassement de soi, l’appelant : « le pain de la foi ». La foi implique un engagement qui va au-delà de la portée de nos facultés rationnelles. Tout en étant obligés de comprendre ces manifestations de la Divinité qui sont accessibles à notre intellect, nous observons que certains niveaux sont bien évidemment hors de notre compréhension. La foi est le seul moyen qui nous permet de nous lier à ces niveaux.

Au sens individuel, notre foi est quelque chose qui transcende notre moi. Souvent, sans même y réfléchir, nous prenons des décisions qui vont à l’encontre de notre foi. Bien que nous croyions en un idéal, nous ignorons cette croyance dans notre vie quotidienne. Le Talmud relate, par exemple, l’anecdote d’un voleur qui se met à prier D.ieu pour la réussite du vol qu’il s’apprête à commettre. Bien qu’il croie en D.ieu, comme l’atteste sa prière, il prie pour le succès d’un acte en contradiction absolue avec la Volonté divine.

Résoudre cette dualité intérieure

La plupart d’entre nous ne sommes pas sujets à ce type d’erreurs flagrantes mais chacun de nous peut trouver des exemples où notre propre foi en D.ieu a failli et ne s’est pas intégrée à notre vie quotidienne. Un étudiant en Torah peut avoir la foi absolue que les enseignements qu’il étudie sont la parole de D.ieu et transcendent la compréhension humaine. Toutefois, tout en étant activement engagé dans ses études, il peut considérer cela comme un pur exercice intellectuel.

Dans le même ordre d’idées, dans un éblouissant moment de succès, l’homme d’affaires peut entretenir la pensée que c’est grâce à son aptitude et à la force de sa main qu’il a amassé sa fortune.

Bien qu’en théorie, il est sûr qu’il croit que « c’est la bénédiction de D.ieu qui apporte la réussite », sa confiance n’en affecte pas pour autant son comportement quotidien et ses sentiments.

La Mitsva de la Matsa a pour but de nous aider à surmonter cette dualité intérieure. Consommer ce « pain de la foi » nous fait prendre conscience du besoin d’intérioriser notre foi et nous permet de l’incorporer à notre vie quotidienne.

A la lumière de ce qui précède, nous pouvons comprendre le statut de nos Sages (Makot : 24a) : « ‘Havakouk est venu et les (c’est-à-dire tout le royaume de la Torah et des Mitsvot) a fait dépendre d’une seule Mitsva (la foi), comme il est écrit (‘Havakouk 2 :4) « un homme juste vit par sa foi. »

Plutôt que de considérer la foi et l’observance des Mitsvot comme deux entités séparées, ‘Havakouk a montré que la foi doit dominer l’ensemble de notre service de D.ieu. La foi n’est donc pas juste une Mitsva mais la force qui motive et inspire l’accomplissement de toutes les Mitsvot.

Partager la Mitsva

Étant donné l’importance de la Mitsva de manger de la Matsa, nous devons faire tous les efforts possibles pour partager son accomplissement avec le plus de gens possible. Autrefois, les rabbins envoyaient des Matsot à tous les gens de leur communauté.

Aujourd’hui, cette pratique doit être rétablie par chacun d’entre nous, dans notre propre sphère d’influence. Si cela est possible, les Matsot devraient être rondes et faites à la main, celles que l’on appelle les Matsot Chmourot, c’est-à-dire qu’elles ont été l’objet d’une surveillance très attentive pour éviter toute possibilité de levain.

C’est ainsi que nous garantirons que beaucoup plus de Juifs encore accompliront la Mitsva de la manière la plus parfaite.

Que ces efforts nous conduisent à l’accomplissement de la promesse de nos Sages : « Au mois de Nissan (les Juifs) furent délivrés et au mois de Nissan, ils seront délivrés » par la venue de Machia’h, très rapidement et de nos jours.