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Zèle de Pin’has | Habad 66 Zèle de Pin’has | Habad 66

Le petit-fils d’Aharon, Pin’has, est récompensé de son acte zélé par lequel il a tué le prince Zimri, de la tribu de Chimon, et la princesse de Midian avec laquelle ce dernier avait gravement fauté. D.ieu lui accorde une alliance de paix et la prêtrise.

Un recensement du peuple dénombre 601 730 hommes de vingt à soixante ans.

Moché reçoit les instructions concernant le partage de la terre entre les tribus et les familles d’Israël, sous forme de tirage au sort.

Les cinq filles de Tsélof’had organisent une requête où elles demandent à Moché le droit d’hériter de la terre de leur père, mort sans laisser de fils. D.ieu accepte leur demande et l’incorpore dans les lois d’héritage.

Moché habilite Yehochoua pour lui succéder et mener le peuple vers la Terre d’Israël.

La Paracha se conclut avec une liste détaillée des offrandes quotidiennes et des offrandes additionnelles apportées le Chabbat, Roch ‘Hodech (le premier jour du mois) et lors des fêtes de Pessa’h, Chavouot, Roch Hachana, Yom Kippour, Soukot et Chemini Atsérèt.

Une erreur de jugement

La Paracha Pin’has commence par la déclaration de D.ieu à Moché : « Pin’has, fils d’Élazar, fils d’Aharon le Prêtre, a détourné Mon courroux contre les Enfants d’Israël quand il a manifesté de la colère, à leur encontre, en Mon nom… » (Bamidbar : 25 :10)

Pin’has détourna le courroux divin en tuant Zimri qui agissait de façon immorale.

Rachi explique que ce verset retrace la lignée de Pin’has jusqu’à Aharon, celui qui aimait la paix, parce que les tribus affirmaient que l’acte de Pin’has découlait de la personnalité de son grand-père (du côté maternel) qui engraissait le bétail devant être sacrifié aux idoles. En discréditant Pin’has, les tribus tentaient de sauver l’honneur du Peuple juif et de Moché, car seul Pin’has avait fait preuve de zèle à cette occasion.

Ils prétendaient donc que le geste de Pin’has n’était pas motivé par un zèle sincère pour l’amour de D.ieu mais qu’il se justifiait par le fait que son ascendance remontait à quelqu’un qui avait engraissé des veaux dans le seul but de les abattre.

C’est donc la raison pour laquelle la Torah retrace sa lignée jusqu’à Aharon, nous informant que les tendances profondes de Pin’has faisaient écho à celles de son grand-père Aharon, adepte de la paix. S’il avait tué Zimri, c’est qu’il était mû par la colère et le zèle pour honorer D.ieu.

Nous pouvons dégager de cet épisode un certain nombre de leçons nous concernant.

Lorsqu’on est témoin d’actes positifs accomplis par une personne dont nous savons pertinemment qu’elle a des motifs ultérieurs, nous ne devons pas dévaloriser ses gestes.

Quand bien même il serait vrai que la personne agit pour une raison égocentrique, s’impose néanmoins la loi : « Il doit toujours s’occuper de Torah et de Mitsvot, même si ce n’est pas avec l’intention la plus pure, car cela finira par le conduire [à les accomplir] avec les plus pures des intentions » (Pessa’him 50b).

Cela va encore plus loin. Prendre à la légère les bonnes actions d’une personne présente le risque de l’affecter négativement. Elle peut en arriver à interrompre son étude de la Torah ou l’accomplissement de bienfaits. Il est donc bien préférable d’encourager un tel individu et de le pousser à agir avec de pures intentions.

Mais ce qui est encore plus important est que nous ne pouvons jamais réellement savoir ce qui se cache dans le cœur d’un homme. Bien que les tribus aient semblé posséder de larges preuves du fait que l’acte de Pin’has était né d’autre chose que d’une motivation saine, le Tout Puissant Qui « voit dans le cœur » fit savoir que l’action de Pin’has n’était motivée que par son empressement à l’égard de D.ieu.

L’on peut également aborder une autre perspective. Lorsqu’on dénigre autrui, prétendant qu’il se comporte bien parce qu’il a des arrière-pensées, l’on peut se fourvoyer soi-même. Celui qui fait ce reproche peut très bien faire l’erreur de penser que sa critique naît d’une attitude sainte. Il peut se dire à lui-même que puisqu’il est si humble, il ne peut supporter de voir quelqu’un d’autre agir de manière hautaine. Ainsi, lorsqu’il voit quelqu’un étudier la Torah avec un grand enthousiasme ou accomplir une Mitsva d’une manière admirable, actes que, lui, attribue à de l’égocentrisme, il est incapable de tolérer un tel comportement.

La vérité est, en fait, que de telles attitudes critiques ne naissent pas d’un sens profond d’humilité mais bien au contraire d’une arrogance certaine.

Il est possible que ce qui dérange en réalité le détracteur est le fait que l’autre possède une qualité raffinée dont lui-même est privé. Il en est donc jaloux. S’il était entièrement honnête avec lui-même, il prendrait des leçons du comportement d’autrui. Mais puisque son propre orgueil se combine avec une certaine nonchalance, il tente de désavouer le comportement de l’autre plutôt que de l’imiter.

La leçon à en tirer est la suivante : il faut toujours juger l’autre favorablement et tirer un enseignement de ses bonnes actions.

Le lien entre un zèle vengeur et la paix

Un dirigeant juif se doit, d’une part, d’être zélé et de combattre avec véhémence ceux qui menacent la pérennité de la Torah ou tentent de dégrader ou de démoraliser le Peuple juif.

Mais par ailleurs, quand cela est nécessaire, il doit être « celui qui aime la paix et recherche la paix » et fait tout ce qu’il peut pour promouvoir l’harmonie et l’unité.

Un dirigeant juif doit présenter ces deux traits de caractère antithétiques et les exercer quand cela est nécessaire.

En conséquence, quand D.ieu fut témoin que Pin’has excellait dans la « kanaout », « le zèle vengeur » et agissait avec empressement pour détruire le peuple qui tentait de faire pénétrer l’immoralité au sein du Peuple juif, Il dit : « Je lui donnerai ‘Briti Chalom’Mon alliance de Paix, c’est-à-dire que Je le bénirai de l’aptitude à faire régner la paix, et ainsi, il sera un dirigeant juif accompli. »

Selon nos Sages, Pin’has était le prophète Eliahou. Quel est le lien entre ces deux personnages ?

Eliahou fut l’un des zélotes extraordinaires de l’histoire. Il protesta avec véhémence contre les faux prophètes de Baal et leur lança le défi d’une confrontation au Mont Carmel. Après avoir prouvé avec succès leur malhonnêteté, il les abattit (Rois I, 18). Mais par ailleurs, la dernière Michna du traité Edouyot dit que l’un des rôles d’Eliahou, quand il viendra annoncer la révélation du Machia’h, sera de « faire la paix dans le monde » et de réunir le Peuple juif. Aussi, en recevant la bénédiction divine de la paix, Pin’has incorpora-t-il les deux traits de caractères contrastés dont fera preuve le grand prophète Eliahou.

Avant qu’Eliahou ne monte au ciel dans un chariot de feu, son fidèle disciple et successeur Elicha lui demanda : « Que ma force de prophétie soit le double de la tienne » (Rois II, 2 :9). Une telle adresse émanant d’un élève à son maître n’est-elle pas empreinte d’audace ?

Elicha avait pris conscience qu’il devrait succéder à son Maître bien-aimé, en tant que prophète et dirigeant du Peuple juif. Il avait une admiration éperdue pour les doubles traits de caractère de son maître Eliahou et réalisa que c’était une qualité indispensable pour un dirigeant. C’est ainsi, qu’avec l’humilité la plus profonde, il supplia son maître de le bénir pour que « le double esprit », c’est-à-dire l’aptitude d’être à la fois zélé et pacificateur dont il était l’exemple parfait, réside également sur lui.